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En Ukraine, ce Français récolte des dons, distribue des médicaments et de la nourriture

par Victor Vasseur publié le 17 mars 2022 à 6h49

Jérémy a fui les bombardements russes et la banlieue de Kiev pour se réfugier dans un village dans la campagne ukrainienne. Depuis deux semaines, il reçoit de l’argent via des dons pour acheter des médicaments et de l’alimentation, avant de les redistribuer.

Chaque matin, Jérémy de la Cruz publie une vidéo sur Facebook, comme un journal de bord. Il apparaît avec ses lunettes, emmitouflé dans un blouson, avec son bonnet jaune. Il donne des nouvelles : « Nous sommes le 15 mars. Il fait 1 degré, il est 10h47 et là on va faire des gros achats pour une livraison demain. J’espère que tout va bien se passer car ces jours-ci, ça devient très difficile. » Jérémy, 38 ans, est originaire de la région parisienne. Il vit depuis huit ans en Ukraine, où il a rencontré sa compagne.

Des appels de médecins, de chirurgiens, d’élus locaux

Au début du mois de mars, il a lancé un appel aux dons dans plusieurs médias français. Car Jérémy veut rester en Ukraine, aider, malgré les risques. Dès les premières explosions aux abords de la capitale, il a quitté sa maison à 30 kilomètres au sud de Kiev pour se réfugier dans « un village fantôme, avec des vieilles maisons, mais il n’est pas bombardé », raconte-t-il. Il peut à présent s’organiser avec sa compagne et son beau-frère médecin : « La journée, on va dehors, et le soir, on est au téléphone jusqu’à une heure. » Il reçoit des appels de médecins, de chirurgiens, d’élus locaux. « Le dernier médecin qui m’a appelé travaille dans un hôpital de Kiev, il est en manque constant de médicaments pour ses opérations. Il nous appelle tous les jours. » 

Chaque jour, Jeremy De la Cruz va acheter des médicaments et de la nourriture pour la population.
Chaque jour, Jeremy De la Cruz va acheter des médicaments et de la nourriture pour la population. / Jeremy De la Cruz

Mardi par exemple, Jérémy a acheté 3.000 euros de médicaments, et notamment de l’insuline. Il y a quelques jours, pour une maison de retraite, « avec toute l’alimentation que l’on avait, on a dû acheter des micro-ondes et un grand congélateur de 4000 litres pour tout stocker ». Quand sa voiture est trop petite, il appelle les militaires à l’aide : « On a des numéros que l’on peut joindre, dont le capitaine de notre district qui nous aide. On passe les check-points rapidement. »

3.000 kilomètres en voiture en deux semaines

Tous les jours, Jérémy emprunte de petites routes, croise des panneaux criblés de balles, des anciens checkpoint abandonnés. Les stigmates de la guerre défilent sous ses yeux. Il a déjà parcouru 3.000 kilomètres avec sa voiture. Avant le début du conflit, il rénovait des appartements avant de les revendre. Aujourd’hui, il court acheter des produits de première nécessité. « La première semaine, on est dans un état psychologique, je ne dirais pas dépressif, mais je pleurais tous les soirs », confie-t-il. « Et après, au bout de la deuxième semaine, notre cerveau se créé une force, il y a comme un barrage psychologique. » 

Jeremy De la Cruz au côté de bénévoles ukrainiens, dans un village au sud de Kiev.
Jeremy De la Cruz au côté de bénévoles ukrainiens, dans un village au sud de Kiev. / Jeremy De la Cruz

Ce Français parle de l’Ukraine comme son pays d’adoption : « Je suis venu ici parce que j’aime le pays, j’aime les gens et leur façon de vivre. » Il ne tire aucune fierté de son action, il pense être redevable et surtout utile. « Les dons de l’extérieur, que ce soit des vêtements ou médicaments, ils ont extrêmement du mal à les faire venir à Kiev. Il y a aussi toute la banlieue qui n’est pas approvisionnée. Il ne faut pas l’oublier », explique le bénévole.

Sa compagne et lui ont quitté leur maison de la banlieue de Kiev à la hâte, depuis deux semaines, Jérémy porte les mêmes vêtements, « le même pull, le même pantalon ». Il promet que tous les dons reçus sont dépensés pour le besoin de la population ukrainienne, espère continuer le plus longtemps possible, mais il n’a plus qu’un seul jour d’avance de don d’avance, soit 3.500 euros.